je suis elle

19 juin 17

où est la distinction entre

je ne suis rien comparé à celles qu'il a vécu

 

je suis trop pour qu'il puisse un jour savoir qui je suis

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17 mars 17

practice
pratique

petit mot-obsession pour passer partout
leurs visages éclairés par le bas
d'une blancheur

petite lueur verte dans la nuit humide
j'attends
je réajuste

petit centimètre inoccupé
unité derrière l'oeil
bien en cachette

petits traumas lucides
ricochets en sursaut
faire semblant

petites habitudes 
tu t'érodes
la pomme en quartiers du soir

pratique encore

Posté par dishevelled à 23:36 - Permalien [#]
25 janv. 17

Je me cache encore ici de temps en temps, moins régulièrement. Toutes ces choses qui m'échappent, je préfère ne plus plonger à l'intérieur. Je me construis trop rapidement un avis un peu bancal et je me contente de ça, puis je passe à autre chose, avec quand même un sentiment de m'être rassurée. Je ne sais plus rien de ce que j'ai un jour appris. Chaque jour, oui, j'ai l'impression de perdre un élément. Je vois ma tête se vider au fur et à mesure du temps qui avance. Pour retenir, je dois relire et relire encore, et toujours des morceaux me manquent, les articulations ne se font plus, les ponts sont rares. C'est comme si ma manière de réfléchir elle-même avait été profondément modifiée. Pourtant, je me souviens du moment où j'ai su et je pourrais décrire l'ampleur de mon désapprentissage, sans rien pouvoir faire pour contrer cette tendance vers le moins. Les souvenirs se superposent tous dans le désordre, sans plus aucune hiérarchie, sans plus aucune chronologie. Quand ai-je été heureuse? Quand ai-je été touchée? Les visages se confondent. A qui faire confiance? Sur base de quels actes, de quelles paroles faut-il les croire? Je n'ai plus conscience que de la négation. La carence a pris tellement d'importance qu'elle prend le pas sur le reste, aussi diversifié et complexe soit il. Je me surprends sans cesser à penser sur les bases. Alors, il n'y a plus que la vacuité, partout, en tout, enrobant tout, si loin, si proche, en moi, en mes pensées-même. J'ai de plus en plus de mal à quitter cet état pour me contraindre à m'intéresser au "réel". Et une fois que j'y arrive, et puis que je retombe dans ces considérations fertiles, je ne peux plus accorder de l'importance aux actions que j'ai accomplies juste avant. C'est compliqué... J'aimerais être dans le jardin, à essayer de faire la roue à pieds nus, enfant. Toujours ce jardin.

 

Posté par dishevelled à 23:57 - Permalien [#]