je suis elle

25 avr. 18

c'est quoi être à deux? est-ce que c'est bien utile? j'ai posé la question à maman et elle dit que ça a des bons côté, que c'est dur de vivre seule. j'ai peur de ne jamais y arriver. 

j'ai déménagé, ça y est. je vis chez d'autres. la plupart de mes souvenirs sont toujours bien emballés dans du papier journal dans les caisses de ma chambre. je les sors petit à petit. ce soir, thibault a mangé ici puis il est parti comme il part quand il veut être tout seul et que je l'ai saoûlé. cette fois, c'était parce que j'ai passé trop de temps à réfléchir sur les gens à inviter à la fête de la tulipe ce samedi. inviter des gens me torture beaucoup parce que c'est comme évaluer et peser chaque relation et la hiérarchiser. ça inclut les nouvelles relations mais aussi les anciennes qui se sont un peu tassées ou détériorées. c'est compliqué; il faut choisir qui reste, en qui on mise encore de l'énergie; il faut choisir de se séparer des anciens amis, accepter comme cela le fait qu'il n'en reste pas beaucoup. et puis les gens fonctionnent en groupe, alors on ne peut pas inviter machin sans machin et machin, sinon ils parleront de moi et j'ai très peur de ça. mais lui il ne comprend pas ça et ça le pèse que je passe autant de temps à me "prendre la tête". et il part en me laissant la boule dans la gorge de nouveau déchirée; je me dis d'un côté que c'est vrai que j'en fais trop, que je ne devrais pas laisser l'avis des autres prendre autant de place, mais je me demande d'un autre côté si c'est vraiment sain de continuer à sortir avec un mec qui n'a pas l'air de me comprendre bien et si je ne suis pas en train de perdre mon temps. je ne sais pas si je pourrais dire que thibault est quelqu'un de bénéfique pour moi. il est généralement gentil, attentionné quelques jours par semaine, il ne me couvre pas de compliments par exemple, mais il me fait souvent des cadeaux. on a pas du tout les mêmes manières d'exprimer les choses. et ça entrave de plus en plus ma manière à moi de m'exprimer. 

cet aprem je suis allée chez un kiné-ostéo pour toujours essayer de trouver la cause de ma douleur à la cheville. mais il a surtout travaillé sur mes épaules et ma nuque et ma mâchoire. il dit qu'il existe d'abord le stress physique, en réponse par exemple à un accident. puis le stress émotionnel, lié au travail, à la vie familiale, aux problèmes d'argent. et puis un stress plus profond, pas vraiment existentiel mais presque. et je pense que c'est lui qui me fait mal partout et raidit mes épaules et brouille ma vue et me tord le ventre parfois le matin quand je sors du sommeil et que la réalité me parait si hostile. je ne sais pas comment m'en sortir, apaiser tout ça. mais comment accepter que tout finira? que maman sans doute mourra (dans 1000 ans) et que ambly sera détruit et que je finirai par me rendre compte que thibault est en train de me tromper avec isablle? 

je veux éteindre les émotions, je ne sais pas comment en fait avec tout ça en soi, dans la tête qui se mélange sans arrêt. peut-être qu'il faudrait que je sois plus seule, que j'habite seule, que je travaille seule. je sortirai parfois voir les quelques amis qui restent. j'aurais des choses intéressantes à raconter, parce que j'aurais recommencé à lire des livres. pourtant quand je suis seule je regarde les vidéos de tati sur youtube pendant des heures, alors je sais que je suis en train de me mentir avec ce fantasme de la solitude à la con. je ne sais pas comment arrêter de rêver ma vie. j'ai mal à la tête.

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03 déc. 17

on est au café
je lui pose encore une fois la question : comment supporter que la fin arrivera et qu'elle rendra acides tous les beaux moments ?
encore une fois il me répond : c'est le problème de ta vie

le problème c'est que la vie me manque - les choses qu'on touche de la vie me manquent
l'effort et la colonne vertébrale puissante
les rencontres et les émotions du trac
le rugueux des voyages en bus et le mauvais chocolat

les dates importantes

nous sommes en danger car nous restons assis

pourtant tout le monde est obsédé par la santé - courbé au dessus de l'écran
à boire du jus fermenté

ils ont oublié comment tuer un cerf
la sensation des dents déchirant le muscle cru (gluten free)

cacher ses pieds et ses tétons

il va falloir continuer à vénérer mon corps en le traitant avec dureté
se rappeler l'enfant composé de nos anciennes cellules
nos cellules mortes éparpillées à la plage et dans le train

échardes et égratinures ; les traces d'une liberté sans entraves (presque)

les joues toujours rouges pas toujours couvertes de poudre couleur chair

je veux qu'on s'asseye en face de moi pour me chanter une chanson triste écrite en pensant à moi
je ne sais plus rien de votre amour

peut-être que je mourrai en 2018 ? je veux voir jouer mes petits-enfants
je veux tricoter à côté du feu

pour toi

peut-être que oui j'aurai déposé mes noeuds sur la table de la salle à manger
pour partir un peu plus loin dans cet endroit qui ressemble à ici
mais là on peut taper du pied et on ne sent pas le vide des étages sous nos corps gras

je cherche un moment dans lequel je pourrais me cacher - une demi-heure

je suis pétrifiée

je dois rester discrète

j'ai oublié pour qui

des années....
des années encore

 

s'il te plait empêche-moi

Posté par dishevelled à 03:38 - Permalien [#]
23 oct. 17

J'AI BESOIN D'ÊTRE(S) PLUS

Posté par dishevelled à 00:08 - Permalien [#]
04 oct. 17

c'est devenu difficile de n'utiliser internet que comme outil pour améliorer ma gestion du réel

ça devient mon réel et je déteste ça

je me sens prise au piège

 

Posté par dishevelled à 23:53 - Permalien [#]
26 août 17

c'est une époque assez particulière
j'aurai moins de mal à trouver ma place si tout ne me montrait pas en permanence où me placer

 

Posté par dishevelled à 23:26 - Permalien [#]
19 juin 17

où est la distinction entre

je ne suis rien comparé à celles qu'il a vécu

 

je suis trop pour qu'il puisse un jour savoir qui je suis

Posté par dishevelled à 22:36 - Permalien [#]
17 mars 17

practice
pratique

petit mot-obsession pour passer partout
leurs visages éclairés par le bas
d'une blancheur

petite lueur verte dans la nuit humide
j'attends
je réajuste

petit centimètre inoccupé
unité derrière l'oeil
bien en cachette

petits traumas lucides
ricochets en sursaut
faire semblant

petites habitudes 
tu t'érodes
la pomme en quartiers du soir

pratique encore

Posté par dishevelled à 23:36 - Permalien [#]
25 janv. 17

Je me cache encore ici de temps en temps, moins régulièrement. Toutes ces choses qui m'échappent, je préfère ne plus plonger à l'intérieur. Je me construis trop rapidement un avis un peu bancal et je me contente de ça, puis je passe à autre chose, avec quand même un sentiment de m'être rassurée. Je ne sais plus rien de ce que j'ai un jour appris. Chaque jour, oui, j'ai l'impression de perdre un élément. Je vois ma tête se vider au fur et à mesure du temps qui avance. Pour retenir, je dois relire et relire encore, et toujours des morceaux me manquent, les articulations ne se font plus, les ponts sont rares. C'est comme si ma manière de réfléchir elle-même avait été profondément modifiée. Pourtant, je me souviens du moment où j'ai su et je pourrais décrire l'ampleur de mon désapprentissage, sans rien pouvoir faire pour contrer cette tendance vers le moins. Les souvenirs se superposent tous dans le désordre, sans plus aucune hiérarchie, sans plus aucune chronologie. Quand ai-je été heureuse? Quand ai-je été touchée? Les visages se confondent. A qui faire confiance? Sur base de quels actes, de quelles paroles faut-il les croire? Je n'ai plus conscience que de la négation. La carence a pris tellement d'importance qu'elle prend le pas sur le reste, aussi diversifié et complexe soit il. Je me surprends sans cesser à penser sur les bases. Alors, il n'y a plus que la vacuité, partout, en tout, enrobant tout, si loin, si proche, en moi, en mes pensées-même. J'ai de plus en plus de mal à quitter cet état pour me contraindre à m'intéresser au "réel". Et une fois que j'y arrive, et puis que je retombe dans ces considérations fertiles, je ne peux plus accorder de l'importance aux actions que j'ai accomplies juste avant. C'est compliqué... J'aimerais être dans le jardin, à essayer de faire la roue à pieds nus, enfant. Toujours ce jardin.

 

Posté par dishevelled à 23:57 - Permalien [#]